Rencontre avec Sylvie François, organisatrice de l’apéro Facebook « Saucisson-Pinard »

by Arthur Lacoste

J’ai mis quand même quelques minutes à comprendre pourquoi un apéro Facebook avec du saucisson et du pinard faisait la première page de mon lecteur de flux RSS. C’est vrai que sans champagne, c’est moins drôle, mais y’a pas de quoi en faire un drame. La préfecture à peur que les gens se tapent à coup de saucisson ?  Apparemment non, ce serait plutôt SOS Racisme qui serait en cause de cette accusation.

Sylvie François est le genre de femme qui n’a pas la langue dans sa poche. Organisatrice de l’apéro, elle à accepté de répondre à nos questions.

Ce type d’apéro est sujet à controverse depuis le début de l’année. Comment prévenir les problèmes d’ivresse sur la voie publique, et autres soucis du même genre ?
C’est une question à laquelle j’ai beaucoup réfléchi avant de lancer cet événement. Il m’est apparu qu’il fallait réunir plusieurs facteurs, car il est hors de question que cet apéro, qui n’est finalement qu’un pique-nique géant, dérive en beuverie.
Premier facteur : bien indiquer l’esprit de l’événement dès le départ. Bien expliquer quel en est le but.
Deuxième facteur : interdire tout alcool fort (vodka par exemple) ainsi que la bière, qui est la boisson préférée de beaucoup de jeunes qui veulent, pardonnez-moi l’expression, « se bourrer la gueule ».
Troisième facteur : se donner les moyens de faire respecter ces consignes, d’empêcher l’accès de l’événement à ceux qui seraient déjà éméchés ou viendraient avec des packs de bière et d’exclure, le cas échéant, toute personne commençant à trop forcer sur la boisson. Pour cela, il faut un service d’ordre, discret mais efficace et solide.
Je vous garantis que le 18 juin à La Goutte d’Or, le vin sera consommé avec modération et il n’y aura que l’ivresse d’un bon moment.

Selon SOS racisme, « cet apéro est clairement raciste ». Ont-ils essayé de vous contacter pour tirer ceci au clair ?
Nullement et je le déplore, car je suis sûre que nous aurions pu lever les malentendus. Il n’y a rien de « raciste » dans ce pique-nique. En quoi les « races » ont-elles quelque chose à voir là-dedans ?
SOS Racisme peut encore me contacter via Facebook. Ils peuvent aussi, ce vendredi, aller à La Goutte d’Or aux heures des prières et regarder ce qui se passe. De loin, car il n’est pas sûr qu’ils aient le droit d’accéder à toutes les artères bloquées durant des heures par plusieurs milliers de musulmans. Même la police passe devant sans s’arrêter et délègue la sécurité à des balèzes de la communauté musulmane ! Moi j’appelle ça une milice.
Il faudrait que les dirigeants de SOS Racisme prennent conscience que le problème que l’on rencontre au quotidien à La Goutte d’Or, c’est l’islamisation du quartier. Nous vivons dans un quartier en train de devenir une zone d’extraterritorialité. Ce n’est plus la France, ce n’est plus la République, c’est une enclave de plus en plus régie par la charia. En tant que femme, croyez-moi, ce n’est pas drôle tous les jours.

Des prières rituelles illégales ont lieu chaque vendredi après-midi dans ce quartier. Votre évènement est-il une manière de protester contre ces agissements ?
Bien sûr. C’est une protestation joyeuse, festive, conviviale contre la privatisation à des fins religieuses de la rue Myrha, de la rue Polonceau, de la rue des Poissonniers, et de toutes les rues avoisinantes qui sont bloquées à la circulation à chaque prière du vendredi.

Pouvez-vous nous parler des organisations qui vous suivent pour le bon déroulement de votre apéro ?
Elles sont nombreuses et très diverses. Pour les principales, je peux vous citer Riposte laïque, le Bloc identitaire, Résistance républicaine, les Jeunes pour la France, la Ligue du droit des femmes, et beaucoup de sites à très forte audience. Pardon d’avance à tous ceux que je ne cite pas.
Ces organisations ont d’importantes divergences politiques, puisque vous y trouvez des féministes historiques, des militants de la laïcité, des souverainistes, des défenseurs de l’identité européenne, mais elles ont toutes un point commun : face à l’islamisation, elles ont décidé de taire leurs divergences pour se rassembler dans l’esprit qui fut celui du CNR, le Conseil national de la Résistance porté sur les fonts baptismaux par le général De Gaulle et Jean Moulin. D’où la date très symbolique du 18 juin, 70e anniversaire de l’appel à la résistance lancé depuis Londres par le général De Gaulle.
Ce pique-nique du 18 juin à La Goutte d’Or pourrait bien être historique à un autre titre : c’est la première fois, en France, qu’un appel lancé depuis le monde virtuel qu’est Internet trouve un tel écho dans le monde réel. Ce sera un apéro géant citoyen et politique au sens premier du terme, c’est-à-dire qui s’intéresse à la vie de la cité, à la vie quotidienne de nombreux Français. Le philosophe Alain Badiou se demandait il y a quelques semaines à l’émission de Frédéric Taddeï si cette « mode » des « apéros géants » pourrait trouver une traduction politique. Je crois être en train d’apporter la preuve que oui, et que Facebook permet d’organiser ce que l’histoire de France a retenu sous le nom de « banquets républicains », cette campagne de banquets réunissant, dans toute la France, les opposants les plus divers à Louis-Philippe et qui a largement contribué, en quelques mois, à la chute de la Monarchie de Juillet.
Je ne prétends pas que le pique-nique du 18 juin aura le même impact ; je dis simplement que, grâce à Facebook, ce pique-nique va être un point de départ.

Contrairement à d’autres apéros que nous avons pu voir, celui-ci semble bien mieux organisé. Quelles ressources demande l’organisation d’une telle soirée ?
De l’énergie, de la méthode et, si vous me permettez un petit clin d’œil à Ségolène, de la « zénitude » ! Dans ce type d’événement, beaucoup pensent savoir faire. Alors ils donnent des conseils, critiquent ce qui est prévu, s’inquiètent. Il faut savoir les remercier tout en restant sur ce qu’on a prévu. La planification de toutes les étapes et l’anticipation de tous les problèmes qui peuvent surgir sont essentiels.
Il ne faut pas avoir peur de s’entourer de gens d’expérience. Dans le cas de ce pique-nique à La Goutte d’Or, les organisations qui ont rejoint cet événement apportent chacune leur savoir-faire spécifique. Il y a une répartition des tâches, tout doit être huilé, y compris pour faire face aux imprévus qui arrivent toujours.

Contrairement à d’autres apéro que nous avons pu voir, celui-ci semble bien mieux organisé que ceux qui ont eu lieu précédemment. Pourriez-vous donner des conseils à d’autres personnes souhaitant organiser ce genre de festivités ?
Ces grands rendez-vous doivent être organisés avec rigueur et dans un but précis. Un pique-nique pour une cause humanitaire (avec une quête, en partenariat avec une association comme les Restos du Cœur ou la Croix-Rouge), ou pour une cause plus citoyenne comme nous, permet de donner un sens au rassemblement et d’éviter qu’il ne se transforme en beuverie géante.
En résumé, si vous n’avez pas d’autre but que de vous saouler et si vous ne savez pas organiser une boum pour vos enfants, abstenez-vous de vouloir organiser un « apéro géant » !

Propos recueillis par Arthur Lacoste.